Les Annales du Disque-Monde, tome 03 : La Huitième Fille de Terry Pratchett

Auteur : Terry Pratchett
Éditions : Pocket
Nombre de pages :  222 pages
Année de parution : 2011

Résumé :

Sentant venir sa mort prochaine, le mage Tambour Billette organise la transmission de ses pouvoirs, de son bourdon, de son fonds de commerce.

Nous sommes sur le Disque-Monde (vous y êtes ? Nous y sommes). La succession s’y effectue de huitième fils en huitième fils. Logique. Ainsi opère le mage. Puis il meurt. Or, il apparaît que le huitième fils est cette fois… une fille. Stupeur, désarroi, confusion : jamais on n’a vu pareille incongruité. Trop tard, la transmission s’est accomplie au profit de la petite Eskarina. Elle entame son apprentissage sous la houlette rétive de la sorcière Mémé Ciredutemps…

Ma critique :
J’ai fait la connaissance de Terry Pratchett, un jour, en tombant sur le téléfilm de la huitième couleur, j’avais beaucoup aimé l’humour, j’y avait vu un Rincevent très drôle et maladroit, un bagage qui marchait tout seul, et d’autres choses farfelues dans le même thème. J’avais adoré la Grande A’thui Le choix de cette lecture ne fût pas anodin, c’est le premier livre de la trilogie des sorcières ! J’aime tout ce qui est sorcellerie depuis mon jeune âge, Harry Potter n’a fait qu’accentuer mon envie de lire plus de livres sur le genre.
J’ai choisit ce livre, parce qu’il parle de mages, de sorciers/sorcières, mais aussi de magie.
La présente histoire parle de magie : où va-t-elle ? et, principalement, d’où vient-elle et pourquoi ? Mais elle ne prétend pas pour autant répondre à tout ou partie de ces questions.
Peut-être permettra-t-elle, cependant, d’expliquer pourquoi Gandalf ne s’est jamais marié et pourquoi Merlin était un homme. Parce que la présente histoire parle aussi de sexe, mais probablement pas dans le sens athlétique, acrobatique, comptez-les-jambes-et-divisez-par-deux du terme, à moins que les personnages n’échappent totalement au contrôle de l’auteur. Ils en seraient parfaitement capables.
L’histoire est toute simple, il y a le mage Billette, sentant son heure arriver selon la tradition il lègue son bourdon au huitième fils d’un huitième fils d’un forgeron. Pendant tout le roman un sujet sera mis alors en avant : celui de l’égalité des sexes. Malheureusement pour lui, il s’agit d’une fille, mais jamais encore une fille n’a été mage toutes les filles sont destinées à devenir sorcière. La magie de mage est représentée comme « noble », réservée aux hommes contrairement à la sorcellerie qui est pratiquée par la femme est représentée comme étant plus proche de la nature.
Les femmes ont jamais été mages. C’est contre nature. Comme si on disait que les sorcières pouvaient être des hommes.
J’ai tout d’abord adoré le personnage de la célèbre Mémé Ciredutemps ! Elle porte un chapeau, à quoi reconnaitrait-on une sorcière sans chapeau ? Elle est un adepte de la « têtologie » un art qui permet aux clients des sorcières de se persuader tout seul que la magie opère. Mémé Ciredutemps est celle qui encouragera Eskarina à intégrer l’Université de l’Invisible, l’école réservée aux mages et la suivra dans son périple bien qu’elle ne voulu pas en démordre au début, elle tenta tant bien que mal de l’éloigner de son destin.
En vérité, la sorcière commençait à se rassurer et à croire que la magie n’avait pas pris, en fin de compte.
Mais la magie a pour habitude de garder un profil bas, comme un râteau dans l’herbe.
Eskarina, dispose d’immense pouvoirs ! Elle a aussi une théorie sur la chose : « Si la magie donne aux gens ce qu’ils veulent, ne pas s’en servir leur donne ce qui leur manque« , on la reconnait à son grand bourdon, beaucoup plus grand qu’elle.
Simon qu’on rencontrera est un apprenti mage, il manque de confiance et bégaie bien souvent (une allergie dit-on) mais très doué par ses capacités magiques. Il est bien souvent plongé dans des livres, à la quête de savoirs. Le jeune Simon avait l’air de prétendre que partout ressemble tellement à nulle part qu’on ne voit guère la différence.
Le nom du village de « Trou d’Ucques » m’a beaucoup fait rire, il a effectivement beaucoup d’imagination ce Terry Pratchett !

Citations :

1 – « Mémé.
– Quoi ?
– Tu sais comment les mages aiment se faire enterrer ?
– Oui !
– Comment, alors ? »
Mémé Ciredutemps marqua une pause au pied de l’escalier.
 » A contrecoeur. »

 

2 – « Qu’est-ce qu’on fait, m’s … » commença l’artisan qui s’arrêta. Il se pencha pour regarder le visage du vieux mage. Billette souriait, mais personne n’aurait su dire à quelle blague.

Le forgeron repoussa le bébé dans les bras de la sage-femme surexcitée. Puis, aussi respectueusement que possible, il força les doigts pâles et menus à lâcher le bourdon.

Son contact donnait une impression étrange, graisseuse, comme de l’électricité statique. Le bois proprement dit était presque noir, mais les sculptures avaient une teinte légèrement plus claire et blessaient les yeux lorsqu’on essayait de comprendre ce qu’elles étaient censées figurer.

– « T’es content de toi ? fit la sage-femme.

– Hein ? Oh. Oui. A vrai dire, oui. Pourquoi donc ? »

Elle écarta d’un coup sec un pli de la couverture. Le forgeron baissa les yeux et déglutit. « Non, murmura-t-il. Il a dit …

– Et qu’est-ce qu’il en savait, lui ? ricana Mémé.

– Mais il a dit que ce serait un fils !

– A moi, ça m’a pas l’air d’en être un, mon gars. »

Le forgeron s’effondra sur son tabouret, la tête dans les mains.

– « Qu’est-ce que j’ai fait ? gémit-il.

– T’as donné au monde le premier mage femelle, répondit la sage-femme. Mékicétidon, ce p’tit bout d’chou-là ?

– Quoi ?

– Je cause au bébé. »

Mon avis :

Il est certain que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre ! Les personnages sont tous drôles, avec des raisonnements très étranges, les jeux de mots ainsi que les situations qui n’ont ni queue ni tête ne manquent pas ! Vous serez servis !

J’ai trouvé dans ce livre une critique de la société, un humour tranchant bien aiguisé, il y a vraiment eu beaucoup de travail sur ce roman ! Je ne peux qu’aimer et vous le recommander !
C’est pour moi un coup de cœur, et je lui met la note de 17/20

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